Je me sens très concernée par mon empreinte carbone. L’idée que notre comportement puisse être mesuré en terme de « nocivité carbonique » m’a d’abord emplie d’une sombre culpabilité, avant que je ne réalise qu’en vrai, ces chiffres qui mesurent mon impact perso sur le mal-être de notre planète pourraient aussi me servir pour tenter de faire mieux. Un mieux peut-être dérisoire, mais qui au moins, témoigne d’un minimum d’optimisme, indispensable à l’action concrète. Dont acte.

Comme beaucoup de gens, j’ai décidé de réduire mes déchets (l’objectif « zéro déchets » me semble encore un peu irréaliste, du moins pour l’instant). Je me suis attaquée essentiellement aux déchets plastique, et à ceux que nous produisons lorsque nous faisons nos courses : emballages, bouteilles, sacs, sachets, boites…

Hier, je suis allée à mon magasin bio du coin. Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’un de ces champignons soit-disant bio sortis du sol opportuniste de la grande distribution, mais d’une de ces enseignes des vieux de la vieille, en la matière.

J’ai pris ma boite d’œufs (la même depuis six mois au moins) lorsque, au moment de la remplir, j’ai constaté que le prix de l’œuf était passé de 44 à 49 centimes en l’espace d’une semaine. J’ai demandé la raison de cette inflation au patron (un Italien aussi sympathique que susceptible) qui m’a expliqué que manifestement, ils s’étaient trompé de prix pendant plusieurs mois. Au lieu d’afficher le prix de la productrice locale (49 centimes l’œuf, donc) ils avaient annoncé celui de la centrale d’achat, bio mais pas locale. Et cinq centimes moins cher.

Bref : je sais que je peux trouver des œufs locaux à l’unité à 39 centimes dans un autre magasin bio, plus éloigné de chez moi mais un vrai de vrai lui aussi. Mais là n’est pas la question.

La question, c’est surtout que je peux trouver presque partout des œufs bio à moitié prix, sauf qu’ils seront tous déjà bien rangés dans leur boite. Bon, entre-temps les œufs bio des GM n’ont de bio que le nom. Mais même si on se concentre sur les enseignes dignes de confiance, je dois choisir entre ne pas produire de déchets superflus, donc avoir une boite à œufs réutilisable, ou payer presque deux fois moins cher mais en augmentant le volume de déchet de mon foyer à cause des boites (nous consommons pas mal d’œufs, à la maison).

Comprenons-nous bien : personne ne peut sérieusement contester que les agriculteurs devraient pouvoir vivre de leur travail. Mais si réduire nos déchets et consommer local doit coûter deux fois le prix d’un produit équivalent, l’engagement va devenir difficile, même pour les plus convaincus.

Sans compter que ça fait beaucoup de réflexions autour d’un truc qui sort du cul d’un volatile…

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