Argh ! Pitié ! Non mais vous êtes sérieux ?!! Après les pesticides, les particules, les masques jetables jusque dans les poissons ; après les métaux lourds, le continent de plastique, j’en passe et des pires encore, êtes-vous vraiment obligés de nous infliger en plus de la pollution sonore ?! Attention, je ne parles pas des bruits inhérents à la vie, le coq à la campagne et les moteurs dans la ville, non. Moi, cette nouvelle source de pollution sonore qui commence vraiment à m’inquiéter, c’est celle produite par les téléphones, ou plutôt par tous ceux qui pensent devoir partager avec leur entourage et leurs goûts musicaux, et leur pensée profonde.

Ça a commencé il y quoi ? Trois, quatre ans peut-être. L’été, à la plage. Quand les gamins ont décidé de mettre la musique via leur portable. De préférence fort. De préférence pas tous la même musique, infligeant ainsi au reste du monde une cacophonie à laquelle venaient se mêler les cris du vendeurs de chouchous et ceux des mamans appelant leur petits. Mais bon : passe encore, dans la mesure où c’était de toute façon LA plage des jeunes, car la plus proche de l’arrêt des cars. Et il est bien connu que les jeunes n’aiment pas le silence. C’est comme ça, c’est dans leur ADN, il n’y peuvent rien. Alors on s’est dit qu’il suffisait de changer de secteur. Dont acte.

Sauf qu’il faut arrêter d’incriminer les jeunes à tout va. Parce que force est de constater qu’il y a des vieilles bourges fort mal élevées, sur terre. Et sur plage, aussi. La première fois on pense qu’elle est une exception, cette quadra en bikini en plein appel visio avec sa meilleure copine. Celle à qui elle raconte, dans des aiguës hystériques d’un volume qu’aucun rappeur n’atteindra jamais, sa dernière crise de couple. A laquelle la copine réagit par des commentaires scandalisés dont le son du téléphone, monté à fond, faut-il le préciser, ne nous épargne aucune platitude. Les deux conversent ainsi pendant une bonne heure, sans se préoccuper le moins du monde de ruiner à jamais la réputation de monsieur sur cette plage estivale. Sans se préoccuper surtout que les problèmes de couple des autres, tout le monde s’en tape. Mais que nous sommes tous bien trop élevés pour oser dire tout haut ce que nous soupirons tout bas.

Malheureusement, ça ne s’arrêtera pas là, et à un moment, les jeunes se distingueront des anciens par un point précis : les écouteurs. En effet, la plupart des jeunes en ont, et s’en servent pour s’isoler du monde, en général. Autant à la plage, ils partagent la musique avec leur environnement, autant par exemple dans les transports en commun, il est plutôt rare de les entendre. Peut-être aussi parce qu’ils manquent encore d’assurance en eux et ont encore (un peu) peur de se payer la honte en se faisant rappeler à l’ordre (quoi qu’en même temps, beaucoup mettent leurs pompes dégueulasses sur les sièges et personne ne dit jamais rien non plus). Les adultes, eux, n’ont pas d’écouteurs. Ou s’ils en ont, ils ne s’en servent pas.

Autre constatation qu’on préférerait ne jamais avoir faite : la plupart des pollueurs sonores sont de sexe féminin. Et hélas ! Force est de constater qu’en effet, le besoin de communication des femmes dépasse, de très loin, celui des hommes. Or une femme qui communique, c’est une femme qui communique avec tout le monde. Notamment avec des compartiments entiers de tram, de train… Téléphone de préférence en mode visio, elles nous font profiter de conversations sans autre intérêt que celui de nous emmerder. Mais d’où vient cette incroyable conviction des femmes que tout ce qu’elles ont à dire est intéressant ?!

Le phénomène de « partage infligé » gagne du terrain. Après les plages et les transports, je vois ou plutôt j’entends de plus en plus de gens, jeunes, vieilles, ou entre-deux, pédaler, voire simplement marcher musique à fond, chassant même de vertes forêts ou de jolies cimes le moindre son naturel et harmonieux. L’invention des enceintes portatives n’arrange rien, évidemment, ça aurait même tendance à empirer. De mon côté, je ne sort quasiment plus sans mon casque, pour me protéger de toutes ces pollutions sonores, me privant ainsi du plaisir d’écouter le monde qui m’entoure…

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