Cette semaine j’ai retweeté un message de Roquefort. Un fromage dont je suis une grande amatrice devant l’éternel. Roquefort contestait l’attribution à ce noble produit de la catégorie la plus vexante de cette nouvelle lubie gouvernementale, j’ai nommé : le Nutriscore. On les comprend. Comment peut-on cataloguer un fromage AOP comme étant « nocif pour la santé » ?

Je suis peut-être d’une naïveté sans nom. Mais est-ce que vraiment, quelque part sur cette terre, des gens adultes, et à priori payés pour ne pas être trop cons, pensent que de coller des étiquettes sur des produits comestibles va solutionner les problèmes de santé tels que l’obésité, le diabète ou toutes les horreurs cardio-vasculaires ? Ou même ne serait-ce que contribuer à les solutionner ? Est-ce que ces gens-là pensent vraiment que le problème, disons de l’obésité, vient du fait que les gens ignorent que les chips et le chocolat ça fait grossir ? C’est comme pour la clope, l’alcool, et même les drogues : est-ce que les gens qui nous dirigent nous prennent vraiment pour de tels crétins ?

Le problème, de nos jours, n’est même pas l’information. Tout le monde sait qu’il vaut mieux éviter de manger trop gras et trop sucré. Mais tout le monde n’a pas les moyens de bien s’alimenter. Au-delà des moyens financiers, faire les courses, réfléchir aux recettes, cuisiner… demande du temps que beaucoup n’ont tout simplement pas, coincés dans un quotidien qui les bouffe plus que eux ne dégustent de catégories A du Nutriscore. Mais au lieu de réfléchir et surtout d’agir sur cet aspect d’une malnutrition dans nos sociétés sur-évoluées, quelques étiques rachitiques décident un jour de déclarer ennemis de la santé un des fleurons du patrimoine gastronomique français ! Parce que bien sûr, le Roquefort n’est pas le seul frometon concerné : 90 % des fromages ont un score de D ou même E. Il n’y a qu’en Grande-Bretagne qu’on doit pouvoir trouver du fromage qui réussit un petit C, mais franchement : peut-on appeler ça du fromage, je vous l’demande…

Et dire que même l’OMS veut s’y mettre, au Nutriscore. C’est ballot : pour une fois que les autres pays suivent les idées du Gouvernement français, on ne peut pas dire qu’ils aient été bien inspirés.

Ces gens-là, moi je vous le dis, sont les mêmes qui ont réussi à nous dégoûter de l’UE*, à force de bureaucratie ubuesque et de prescriptions venues de l’absurde. Ne les laissons pas en plus nous gâcher le goût du Roquefort, bordel !

(*A ce sujet je ne me lasse pas du livre de H.-M. Enzensberger, « Le doux monstre de Bruxelles »)

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