C’est dingue le nombre d’études qui se penchent sur notre sommeil ! Bon, d’accord, c’est vrai que nous passons en moyenne prêt d’un tiers de notre vie à dormir. C’est vrai aussi que des objets d’étude qui dorment doivent être globalement plus faciles à observer que des candidats qui galopent. Mais surtout, notre sommeil, tout comme nos insomnies, en dit manifestement long sur nos sociétés. Il paraît par exemple que dans nos contrées, le temps de sommeil moyen a diminué de 18 minutes en 25 ans, et que notre « rapport aux écrans est tellement fusionnel qu’il n’y a plus de véritable rupture entre le temps de vie et le temps de sommeil » (François Beck, responsable des études statistiques de l’Inpes, lu sur planetoscope.com/Le-corps-humain/1544-.html). Même les ados ne dorment plus comme avant, alors que leurs relations jour/nuit inversées faisaient partie de leur charme, et des grands sujets de disputes familiales.

Que faire alors pour retrouver le chemin des nuits longues et paisibles ? Éviter les écrans de toutes sortes fait partie des mesures les plus préconisées, et on ne peut qu’encourager les lecteurs à lâcher ordis et portables à l’heure de retrouver Morphée. En effet, comment goûter au repos et à la sérénité quand on peut lire le même mois que ne pas assez dormir encourage la démence, mais que trop dormir favorise la dépression ? (1) Perso, je pense qu’à force, pris régulièrement entre des injonctions paradoxales, on va devenir dépressifs ET déments… sauf si en effet, on lâche les écrans et qu’on retrouve notre bon sens de terriens. Parce que, clairement : c’est pareil pour tout, sur le Net. Le café est à la fois bon pour la santé, et très dangereux. (2) Idem pour le vin, le fromage, la viande rouge, la blanche, le soja, j’en passe et des meilleurs et même : pour les bisous (oui, parfaitement : les bisous!) puisque « une simple bise sur la joue peut provoquer une catastrophe » (3).

Retrouver notre bon sens, donc…

C’est vrai qu’après cette longue période d’enfermement forcé et très connecté – Covid oblige – il paraît un peu difficile de se re-connecter à la « vraie » vie. Celle où, si vous survivez au café du matin, pris après une nuit trop courte (ou trop longue), vous parvenez à sortir de chez vous en pleine forme, malgré le baiser de votre tendre moitié ; cette vie où vous avez je ne sais combien de chance de vous faire renverser en pédalant, vu que vous avez opté pour le vélo, si bon pour la santé (4) à moins de succomber à une des centaines d’allergies recensées sur nos étagères. (5) Cette vie où on réalise que, comme disait Edgar Morin : « vivre, c’est naviguer dans une mer d’incertitudes, à travers des îlots et des archipels de certitudes sur lesquels on se ravitaille…  ». (6)

Bref, pour re-citer Morin : « Attends-toi à l’inattendu. » et quoi qu’il arrive, dites-vous qu’au moins, vous ne mourrez pas d’ennui…

Image par Екатерина Гусева de Pixabay

(1) https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/sommeil-reveil-tres-matinal-preserverait-sante-mentale-87724/

https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/sommeil-manque-sommeil-augmente-risque-demence-86926/

(2) https://viehealthy.com/mefaits-cafe/

(3) https://www.lindependant.fr/2011/06/04/les-dangers-des-baisers,26290.php

(4) https://www.fub.fr/velo-ville/environnement/velo-bon-sante-moral

(5) https://www.huffingtonpost.fr/2019/02/15/ces-allergenes-emergents-dont-il-faut-se-mefier_a_23670197/

(6) https://lejournal.cnrs.fr/articles/edgar-morin-nous-devons-vivre-avec-lincertitude

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