Bien que je ne sois pas, a priori, passionnée par les voyages dans l’espace, trop occupée que je suis déjà par mon existence terrestre, mon regard a été attirée récemment par une image d’une beauté envoûtante : celle de la capsule Dragon flottant dans un noir quasi soulagien, maintenue par quatre gigantesques parachutes d’une blancheur de lune. De cette photo* se dégageait une étonnante sérénité. Une étrange féerie que ces quatre méduses au-dessus d’une sorte d’Ovni lumineux aux contours flous. En réalité, cet Ovni abritait quatre humains, et bien qu’ils y fussent aussi tassés qu’un Parisien aux heures de pointes, on pouvait déduire de cela la taille des parachutes, immenses et immaculés sur le fond noir de notre galaxie.

Minuscules humains dans ce qui ressemble à de l’infini, le retour sur terre des quatre astronautes aura duré plus de huit heures, ai-je pu lire. Ils ont été propulsés dans notre atmosphère à une vitesse de 27 359 km/h**, avant d’amerrir en relative douceur à 24 km/h dans l’océan, pacifique.

Malgré mon imagination fertile, je dois dire que j’ai un peu de mal à me représenter tout ce que cela représente, ces humains dans l’espace. Les prouesses aussi bien technologiques qu’humaines m’échappent, je l’avoue. Lire que des êtres humains sont exposés à des températures avoisinants les 1927°C et se sont baladés à 400 km au-dessus de moi, je conçois que cela témoigne du génie humain en terme de curiosité scientifique, de courage, d’inventions, etc etc etc etc, mais très sincèrement : je ne me sens pas particulièrement émue, ni même particulièrement concernée.

Quasiment le même jour, le 8 novembre, des activistes écolos organisaient une manif à l’aéroport de Montpellier. Pendant que la COP 26 tournait en rond, l’objectif des manifestants était – entre autre – de réclamer la suppression de« tous les vols qui ont une alternative en train, à l’abandon du projet d’extension de l’ Aéroport Montpellier Méditerranée et (à) une augmentation des TGV Montpellier-Paris. »***

Parce que pendant que certains dégringolent des étoiles dans une petite capsule qui fonce à travers l’espace, d’autres continuent de trouver trop long et compliqué d’effectuer un trajet de presque 800 km en moins de quatre heures. « L’aller simple en TGV dure environ 3h30 jusqu’à la gare de Lyon au lieu d’1h20 de vol jusqu’à Orly et une heure trente supplémentaire si l’on rajoute le temps d’embarquement (30 minutes), de débarquement (30 minutes) et de transport en commun (30-45 minutes) pour rejoindre le centre de la capitale. Au final, l’avion semble donc plus rapide d’une demi-heure à trois quarts d’heure environ »**** peut-on lire.

D’accord, mais « si l’on prend en compte le «temps utile», alors le train présente un avantage indéniable sur l’avion. Le temps utile «permet aux usagers de se réapproprier leur temps de trajet pour travailler, lire, discuter, écouter de la musique, dormir : ce n’est pas un temps perdu, mais un réel temps de détente, un temps qui peut être optimisé», selon une étude de l’Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST) cité sur figaro.fr.

A l’heure où il y a urgence à repenser tous nos rapports au temps, à l’espace, mais aussi à la consommation, au travail, à la planète, bref : à notre vie sur terre, j’aimerais conseiller à ceux qui préfèrent encore l’avion le très beau livre de Juliette Labaronne, « Slow train » .

Parce que vous, je ne sais pas, mais pour ma part, je n’ai aucune envie d’aller vivre sur une autre planète lorsque nous aurons fini de détruire celle-ci…

*que je me permets de récupérer sur Internet…

** d’après news-24.fr

*** d’après lagazettedemontpellier.fr

**** lamarseillaise.fr

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