Il y a peu, j’ai adhéré à une association de quartier et plus précisément, au groupe « Compost » de l’association. On a les centres d’intérêt que l’on mérite. Pour ma part, j’ai toujours été d’avantage attirée par les coulisses que par la scène. J’aime connaître l’arrière des décors. J’aime apprendre, comprendre, changer de perspectives, voir ce qui n’est pas montré…

Ce qui me paraît essentiel, dans cette histoire de coulisses, c’est de prendre conscience que chacun de nos gestes, de nos actes, de nos achats, a des conséquences. Non pas pour faire ci ou ne plus faire ça, je déteste le prosélytisme et les donneurs de leçons moralisateurs. Disons que cela permet de prendre ses décisions le plus intelligemment possible… ou d’assumer en toute conscience quand on fait des conneries.

Depuis longtemps, donc, les déchets au sens large m’intéressent, dans le sens où ils représentent quelque part les coulisses de notre société, dont l’économie repose essentiellement sur la consommation. Poussant le vice assez loin, j’ai travaillé quelques temps pour un syndicat intercommunal qui gérait les déchets de l’agglomération, et pu visiter centres de tri, usine d’incinération, et stations d’épuration des eaux usées. J’ai participé à un colloque international sur la gestion des déchets et rédigé quelques-uns des actes. En temps que réalisatrice, j’ai pu travailler sur la méthanisation, et il fut un temps où j’étais incollable sur tout ce qui concerne les mâchefers.

Bref : les déchets m’intéressent depuis longtemps, il était donc cohérent que je signe pour un programme mis en place par l’agglo où je résidais alors. C’était il y a une quinzaine d’années, dirais-je, et contre une caution de dix euros, j’avais été équipée d’un gros bac à compost, vite installé dans le jardin. Ensuite, nous nous sommes, vraiment, appliqués pour trier et composter nos déchets alimentaires, tel qu’indiqué sur le petit fascicule en papier recyclé. Hélas ! Deux ans plus tard, rien n’avait bougé, et on pouvait presque dire au dessert prêt ce que nous avions mangé quelques mois auparavant. A l’époque, même mes appels désespérés au service concerné ne m’avaient été d’aucune aide.

Compte-tenu de mes connaissances en gestion des déchets divers, j’avoue que cette tentative de compostage ratée m’avait beaucoup perturbée. Je n’aime pas ne pas comprendre pourquoi quelque chose qui paraît aussi simple ne fonctionne pas, chez moi. J’ai donc adhéré à un groupe de compostage collectif, et suivi, dans la foulée, une formation de Référent de Site de Compostage.

Première info essentielle : nos biodéchets* représentent 30 % de la masse totale des déchets que nous produisons chaque jour (soit un kilo, soit 365 kilos par an en moyenne). Ces biodéchets sont composés à 80% d’eau. Ce qui signifie que 30 % du contenu ramassé par les camions poubelles sont composés de 80 % d’eau. De l’eau que nous promenons en camions, avant de la brûler, ou de l’enfouir. Ce qui – contrairement à ce que l’on pourrait croire – pollue. Si vous voulez en savoir plus sur le sujet : vous verrez, on trouve énormément d’infos pertinentes sur la toile, suffit de taper « biodéchets » dans votre moteur de recherche.(2)

Mais aujourd’hui, ce que j’aimerais surtout partager avec vous, c’est la deuxième info essentielle : si vous mettez tous vos biodéchets sur un tas au fond du jardin et que vous ne faites rien, vous aurez un tas de déchets au fond du jardin, mais pas de compost. Parce que le compost, ça se soigne. Ça se travaille. Parce que c’est vivant, le compost. Et comme toute matière vivante, il a des besoins vitaux. De l’oxygène. De l’humidité. De la matière structurante. Le compost, c’est pas juste un tas de déchets. C’est un incroyable processus qui se met en place dès que les conditions sont réunies, et dans lequel interviennent des petites créatures au look étrange, des bactéries, mais aussi des vers, des cétoines, et autre moucherons. Dans la mesure où elle se planquent dans la décomposition, c’est pas grave qu’elles soient moches, les bestioles, mais elles sont essentielles, et demandent à être respectées, nourries, observées… Parce que grâce à tous ces organismes dans notre compost, au bout de 6 à 9 mois de soins et d’accompagnements, nos biodéchets se seront transformés en compost riche et nourrissant, amendement pour redonner tonus et vitalité à des terres un peu affaiblies.

Moralité, s’il doit y en avoir une : il y a de la vie partout, même dans ces épluchures de légumes qui grouillent dans nos poubelles. Et je ne peux que vous encourager à vous y intéresser, vous verrez : c’est aussi simple que fascinant ! Et puis de toute façon, on va tous devoir s’y mettre, bientôt, puisque le tri à la source des biodéchets deviendra obligatoire fin 2023. Autant faire copain copain avec les cétoines !

  1. « Les déchets organiques ou biodéchets regroupent les déchets issus de ressources naturelles animales ou végétales. Dans les déchets ménagers, ils sont constitués surtout des déchets de cuisine (épluchures de légumes et autres restes alimentaires), des déchets verts du jardin (tailles de haie, tonte de gazon, feuilles mortes …) et des déchets en cellulose (essuie-tout, mouchoir en papier). Les papiers et cartons peuvent aussi être rangés dans cette catégorie. Les biodéchets se dégradent sous l’action des bactéries et d’autres micro-organismes : ils ont la capacité de pourrir et de fermenter, c’est pourquoi on les appelle également déchets putrescibles ou fermentescibles. » (source : voir (2))
  2. ou ici: https://www.cniid.org/+-Biodechets,8-+
  3. Photo: www.pratique.fr

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